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Accessibilité web : votre entreprise est-elle concernée par l'échéance de 2026 ?

Accessibilité web : la DGCCRF contrôle déjà, avec des amendes de 7 500 € cumulables par manquement. Découvrez en 3 questions si votre site est concerné.

Admin ADN IA
Accessibilité web : votre entreprise est-elle concernée par l'échéance de 2026 ? — Blog ADN IA

Votre site doit-il être accessible ? La réponse en 3 questions

Vendez-vous en ligne ou fournissez-vous un service numérique (e-commerce, banque, transport, télécoms, livres numériques) ? Avez-vous 10 salariés ou plus, ou plus de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires ? Si vous répondez oui aux deux, votre site est déjà soumis à l'obligation d'accessibilité — depuis le 28 juin 2025, pas 2026. La DGCCRF contrôle et sanctionne depuis cette date.

L'« échéance 2026 » n'est pas celle que vous croyez

Beaucoup de patrons de TPE/PME découvrent le sujet en 2026 et se rassurent avec une prétendue date limite « septembre 2026 » qui circule sur de nombreux blogs. Soyons clairs : cette date ne figure dans aucun texte officiel français. Ni la fiche pratique de la DGCCRF, ni le décret d'application, ni le site du ministère chargé du handicap ne la mentionnent.

La réalité juridique, vérifiée en juillet 2026 sur les sources officielles, est la suivante :

  • La directive européenne 2019/882 (European Accessibility Act) a été transposée en France par l'article 16 de la loi n° 2023-171 du 9 mars 2023, complétée par le décret n° 2023-931 et un arrêté du 9 octobre 2023.
  • Ces textes s'appliquent depuis le 28 juin 2025 aux services fournis après cette date — y compris les sites qui existaient avant. L'association Valentin Haüy alerte d'ailleurs sur l'idée fausse d'un délai général jusqu'en 2030 : ce sursis ne vaut que pour les contrats de services conclus avant le 28 juin 2025, jusqu'à leur terme et au plus tard le 28 juin 2030.
  • La DGCCRF a publié en juin 2026 un premier bilan de son action : les contrôles ont commencé dès l'entrée en vigueur, avec par exemple une enquête menée d'avril 2025 à mars 2026 auprès de 38 établissements du transport ferroviaire.

Ce qui arrive réellement en 2026, c'est le durcissement du dispositif : la DINUM a annoncé le 2 mars 2026 un RGAA 5 attendu pour fin 2026, qui intégrera les WCAG 2.2, couvrira les applications mobiles et les documents bureautiques, et confirmera l'Arcom comme autorité de contrôle. En attendant, le RGAA 4.1.2 et ses 106 critères restent la référence. Autrement dit : 2026 n'est pas l'année où l'obligation commence, c'est l'année où les contrôles s'organisent.

Êtes-vous assujetti ? Le tableau pour trancher

L'exemption des micro-entreprises est la source d'erreur numéro un. Pour être exempté, il faut cumuler les deux conditions : moins de 10 salariés ET un chiffre d'affaires annuel (ou total de bilan) inférieur ou égal à 2 M€. Dépasser un seul des deux seuils suffit à être concerné, comme le précise l'association Valentin Haüy : une entreprise de 5 salariés réalisant 2,1 M€ de CA est assujettie.

Votre situationConcerné ?Ce qui s'applique
E-commerce ou service numérique couvert, ≥ 10 salariés OU > 2 M€ de CAOuiExigences d'accessibilité depuis le 28 juin 2025 (code de la consommation)
E-commerce, moins de 10 salariés ET ≤ 2 M€ de CANon (exempté)Aucune obligation, mais démarche volontaire recommandée
Site vitrine sans vente en ligne ni service couvertHors périmètre EAAPas d'obligation légale, bonnes pratiques conseillées
Entreprise > 250 M€ de CAOui, depuis longtempsArticle 47 de la loi de 2005 : RGAA, déclaration d'accessibilité, sanction jusqu'à 50 000 €
Organisme publicOui, depuis 2019-2020RGAA obligatoire, contrôle Arcom

Précision importante relevée par l'association Valentin Haüy : la fameuse sanction de 50 000 € par service concerne le dispositif de l'article 47 de la loi de 2005 (secteur public et très grandes entreprises), pas les PME. Pour les entreprises soumises au volet « consommation » de la directive, la DGCCRF indique des contraventions de 5e classe : 7 500 € d'amende, cumulables par manquement constaté, assorties d'injonctions sous astreinte et de mesures de publicité. Sur un site e-commerce comportant des dizaines de non-conformités, l'addition peut donc grimper vite.

Les autorités de contrôle sont réparties par secteur selon handicap.gouv.fr : la DGCCRF pour le e-commerce et la consommation, l'Arcom pour l'audiovisuel, l'Arcep pour les communications électroniques.

Rendre son site accessible : 6 chantiers concrets

« Accessible » ne veut pas dire refondre tout le site du jour au lendemain. Le RGAA 4.1.2, déclinaison française de la norme européenne EN 301 549 et des WCAG 2.1 niveau AA, se traduit en chantiers très concrets :

1. Les alternatives textuelles

Chaque image porteuse d'information doit avoir un texte alternatif. Un client aveugle qui utilise un lecteur d'écran doit comprendre votre catalogue produit sans voir les photos.

2. La navigation au clavier

Tout votre site — menus, formulaires, tunnel de commande — doit être utilisable sans souris, uniquement à la tabulation. C'est le test le plus simple à faire vous-même dès aujourd'hui.

3. Les contrastes de couleurs

Texte gris clair sur fond blanc, boutons pastel : illisibles pour une personne malvoyante. Les WCAG imposent des ratios de contraste minimum, mesurables avec des outils gratuits.

4. Des formulaires compréhensibles

Chaque champ doit être étiqueté, chaque erreur expliquée clairement (« le numéro de téléphone doit contenir 10 chiffres », pas juste un liseré rouge). C'est aussi ce qui fait chuter l'abandon de panier.

5. Une structure de page propre

Des titres hiérarchisés, des zones de page identifiées, un code HTML sémantique : c'est ce qui permet aux technologies d'assistance de « lire » votre site.

6. Les contenus multimédias et documents

Vidéos sous-titrées, PDF lisibles par un lecteur d'écran — un chantier renforcé par le futur RGAA 5, qui intégrera explicitement les documents bureautiques.

Par où commencer, sans jargon

1. Positionnez-vous avec le tableau ci-dessus : assujetti ou non, et à quel titre. 2. Faites un état des lieux : un audit rapide sur les pages critiques (accueil, fiche produit, tunnel de commande, contact) révèle en général l'essentiel des blocages. 3. Priorisez le parcours d'achat : c'est là que se concentrent le risque juridique et la perte de chiffre d'affaires. 4. Intégrez l'accessibilité aux évolutions prévues : si une refonte est dans les tuyaux, c'est le moment idéal pour partir sur des bases conformes plutôt que de corriger après coup. Notre équipe de création de site web conçoit les sites accessibles dès la maquette, et vous pouvez estimer votre projet en 2 minutes avec notre simulateur. 5. Documentez votre démarche : en cas de contrôle, prouver que la mise en conformité est engagée et planifiée change tout. Et si vous êtes aussi concerné par la directive NIS2, traitez les deux sujets ensemble : consultez l'autre échéance de conformité 2026, la checklist NIS2 pour PME.

Le bonus caché : un site accessible est un site mieux référencé

L'accessibilité n'est pas qu'une contrainte, c'est un investissement qui rapporte deux fois. Les fondations d'un site accessible — HTML sémantique, titres hiérarchisés, textes alternatifs, pages rapides et lisibles — sont exactement les signaux que Google et les moteurs de réponse IA utilisent pour comprendre et classer un contenu. Un tunnel de commande utilisable au clavier avec des messages d'erreur clairs, c'est aussi moins de paniers abandonnés pour tous vos clients, pas seulement les personnes en situation de handicap.

Vous pouvez d'ailleurs vérifier gratuitement les fondamentaux techniques de votre site avec notre audit SEO en ligne : plusieurs points contrôlés (structure des titres, balises alt, lisibilité) recoupent directement les critères d'accessibilité.

Un doute sur votre situation ? Parlons-en : un diagnostic honnête vaut mieux qu'une amende cumulable.

FAQ

Mon site vitrine est-il concerné par l'obligation d'accessibilité ?

Non, sauf cas particulier : un site purement informatif, sans vente en ligne ni service couvert (banque, transport, télécoms, livres numériques), n'entre pas dans le périmètre de la directive européenne. L'accessibilité y reste néanmoins recommandée : elle améliore l'expérience de tous vos visiteurs et votre référencement.

Quelle est la vraie date limite : 2026 ou 2025 ?

Le 28 juin 2025, déjà en vigueur. Les textes français (loi du 9 mars 2023, décret du 9 octobre 2023) s'appliquent aux services fournis après cette date, même créés avant. La date « septembre 2026 » qui circule sur certains blogs n'existe dans aucun texte officiel. Seuls les contrats conclus avant juin 2025 bénéficient d'un sursis, au plus tard jusqu'au 28 juin 2030.

Quels risques si je ne fais rien ?

Pour les entreprises assujetties au volet consommation, la DGCCRF prévoit des amendes de 7 500 € par manquement, cumulables, avec injonctions sous astreinte et publication possible de la sanction. Les contrôles ont commencé dès juin 2025, et le premier bilan publié en juin 2026 confirme leur montée en puissance.

RGAA ou WCAG : quel référentiel suivre ?

Les deux convergent. Les WCAG 2.1 niveau AA sont le standard international, repris par la norme européenne EN 301 549. Le RGAA 4.1.2 (106 critères) en est la méthode d'audit française officielle. Un RGAA 5 intégrant les WCAG 2.2 est annoncé pour fin 2026, mais la DINUM confirme que les travaux menés sur le RGAA 4.1.2 restent pleinement valables.

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